nouvel orgue

 

 

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L'OBJECTIF PRINCIPAL ACTUEL DE L'ASSOCIATION

EST DE RECONSTRUIRE UN ORGUE DE 20 à 24 JEUX.

POURQUOI ?

 

Jacques MONGNET

        L’association a été créée en 1997, principalement dans le but de rétablir une tribune d’orgue supportant un orgue digne de Montereau dans son développement actuel.  La reconstruction d’un nouvel orgue au revers de la façade de la collégiale Notre Dame et Saint Loup, classée monument historique en 1841, se justifie :

     I – par l’existence à Montereau d’un Conservatoire de Musique de 500 élèves où sont enseignés 55 disciplines, en incluant la  classe d’orgue qui va s’ouvrir dès septembre 2006.

    II – l’orgue qui existait depuis le XVIIIèmesiècle et sa tribune ont été définitivement détériorés par les  bombardements qui ont atteints la Collégiale et le cœur de la ville en juin 1940. Les dommages de guerre perçus  par la ville en 1965 n’ont permis que l’acquisition d’un orgue au sol de 14 jeux. Son volume sonore ne correspond  pas à celui de l’édifice. Il est relativement insuffisant pour la pédagogie, mais l'est tout à fait pour la diffusion et la participation à des sessions.

 III – Le souhait, que partage des organistes réputés, est de reconstruire un orgue dit de transition, d’esthétique  musicale d’Allemagne du sud et d’Autriche. Un orgue de cette esthétique, très rare en France, inexistant en Ile de  France ou en Bourgogne, apporterait une particularité, un complément majeur à l’éventail des orgues. Il serait  souhaitable que l’orgue comporte de 20 à 24 jeux, avec un pédalier de 32 notes (apte à la pédagogie) et des  claviers de 56 notes.

 IV – Le buffet pourrait être décoré de peinture faux-marbre répondant au style du maître autel datant de 1723 et  récemment replacé dans le chœur.

                                                                            L'ORGUE EN LUI-MEME

        La création des orgues est très ancienne puisqu’elle date de plus de deux mille ans. L’orgue a été le  premier des instruments mécanisés. Il fut portatif mais il s’appelait «hydraule» lorsqu’un réservoir d’eau  assurait la soufflerie dans les tuyaux et qu’il accompagnait de sa puissante voix les jeux du cirque à   Rome. Son évolution suivit le développement des techniques avec aujourd’hui utilisation de l’informatique comme cela fut le cas pour la récente restauration de l’orgue de Notre-Dame de Paris. On  note cependant actuellement un retour à un fonctionnement mécanique pour les orgues d'importance moyenne.

    Le son qu’émet l'orgue va au-delà de celui des instruments à vent ou à percussion. Il est lui-même un véritable orchestre. L’orgue est habituellement caché derrière un «buffet» c’est à dire une structure de bois qui entoure une série de tuyaux dits «de montre» (ceux qui sont montrés). Ce buffet joue aussi le rôle directionnel. Une soufflerie, qui n’est plus actionnée à la main ou à pieds mais qui est aujourd’hui électrique, porte l’air sous pression dans une caisse (sommier) sur laquelle reposent les tuyaux. L’ensemble est accroché le plus souvent au revers de la façade de l’église. L’organiste, lui, demeure invisible.

QUEL EST L'INTERET D'UN ORGUE ?

    Sa place a longtemps été réservée aux églises où il trouve son emploi pour accompagner les cultes, mais depuis deux siècles il est aussi utilisé en concert.  La pratique religieuse chrétienne à l’époque actuelle aussi bien protestante que catholique qui assurait traditionnellement son emploi a sensiblement diminué et pourtant l’utilisation de cet instrument a souvent augmenté. C’est que, naguère exclusivement réservé au culte, l’orgue a vu son utilisation élargie. D'ailleurs, dès le XIXe siècle, il y eut des orgues de salon et de salle de concert. Les organistes n’ont jamais été aussi nombreux, les récitals aussi fréquents, y compris au Japon si éloigné de notre culture musicale jusqu’alors.

    C’est la sonorité de l’orgue qui séduit, que le son soit doux ou puissant, fracassant même, que le caractère du morceau soit lent ou rapide ; la somptuosité des timbres ravit l’auditeur. L’association monterelaise estime que la construction d’un orgue en tribune placé au dos de la façade, en dessous de la rosace, est susceptible d’intéresser les habitants de notre ville, de correspondre à leur souhait de bénéficier d'un instrument de qualité. La création d’une classe d’orgue au Conservatoire de musique  a été décidée par la Municipalité afin d’intéresser et de former des jeunes. Elle s'ouvrira à la rentrée 2006. L’agrément à utiliser et écouter l’orgue à Montereau se développera ainsi.

HISTORIQUE DES ORGUES DE MONTEREAU

     La tradition prétend que le premier orgue de l’église de Montereau fut un don du roi Charles VII. C’est ce qu’affirme l’historien monterelais Paul Quesvers en 1887 dans sa notice sur l’église Notre-Dame et Saint-Loup. En fait c’est seulement en  1622 qu’il a été fait réellement mention d’un orgue dans la Collégiale. Cette année là, Jacques Le Bé, facteur d’orgue à Troyes, construisit un instrument dont la composition nous est inconnue. En 1630, François Levasseur, facteur d’orgue à Villechasson, l’a réparé. Claude Esclavy, en 1663, l’a développé. Il construisit le buffet. De nouvelles réparations ont été effectuées en 1700 et 1711.

    L’orgue de Jacques Le Bé a été remplacé par un nouvel instrument de 1767 à 1771. C’est  Pierre Clément de Provins qui l’a construit, grâce à la générosité de Messire Fauquette, chantre et chanoine à la Collégiale, complété d’«une montre de huit pieds…faire la dite montre en bel et bon étain, faire parler tous les tuyaux bien et distinctement depuis ut en bas juqu’à ré en haut, de changer le buffet de ses plattes faces et les mettre à trois tourelles, savoir : la grande dans le milieu et les deux petites à costé et deux plattes faces aussy garnies de tuyaux, le tout en bon bois de chêne». Son fils devint l’organiste titulaire.

    L’orgue sera modifié au XIXème siècle et diminué d’éléments. Le buffet quant à lui demeurait encore en l’état du XVIIIème jusqu’à la guerre, selon des témoignages : «fort simple…il se composait d’un grand corps de menuiserie à trois tourelles surmontées de vases à flammes et séparées par de larges plates-faces. La sculpture n’offrait rien de remarquable».

                                                 

     Les ponts sur la Seine et l’Yonne furent des objectifs pour l’aviation allemande lors de l’invasion de la France en 1940, précisément les 14 et 15 juin. La population et les quartiers environnants eurent à en souffrir. Par miracle, l'église ne reçut pas directement de bombes mais fut détériorée par le souffle de celles qui explsèrent à proximité immédiate, endommagea le chœur, les vitraux, les fenêtres et une partie du mobilier de l’église. L’orgue fut très abîmé, les tuyaux d’étain à 80 % furent mis de côté ainsi que l’écrit M. Gittard, témoin oculaire et auteur d’une étude sur la Collégiale, mais on ne les a pas retrouvés. Le buffet penchait vers le vide, il fut démonté; on n’en a pas retrouvé trace. Mais la tribune a survécu jusqu’en 1949, date où l’architecte des Monuments historiques, Henri Glénisson, lors des réparations de l’église, la fit démonter car elle menaçait de s’écrouler. Elle était d’ailleurs un souci depuis un siècle en raison de sa fragilité.

    Un projet de nouvelle tribune en béton armé pour un nouvel «orgue grandiose» n’aboutit pas car le montant des «dommages de guerre» dont pouvait bénéficier la ville ne permit pas l’acquisition d’un tel orgue. Il faut dire qu’en 1965 le problème des dommages de guerre en ce qui concerne le mobilier et l’équipement de l’église n’avait pas fini d’être réglé.

         L'ORGUE ACTUEL

     L’orgue actuel a été construit en 1964 par M. Haerpfer-Ermann de Boulay (Moselle). C’est un orgue sans buffet «sobre et moderne» de 14 jeux sur 2 claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 30 notes. La transmission est mécanique pour les claviers et électrique pour la pédale. Son coût fut de 61 240 francs. L’orgue fut déplacé en 1974 pour permettre la restauration de la clef de voûte renaissance située au-dessus. Il fut mis dans le choeur. Cet endroit ne convenait pas, tant pour des raisons liturgiques que pour l’esthétique puisqu’il obérait la perpective. L’association en a organisé le retour dans une chapelle latérale en 2004 grâce au legs du chanoine Barrault et à d’autres dons. Un élément de protection des tuyaux a été ajouté.

BIBLIOGRAPHIE

- Pierre-Paul Lacas - Encyclopaedia Universalis 1999

- Mme Paule Fiévet - Les Orgues de l’église Notre-Dame et Saint-Loup 1999.

- M. Gittard - Dossier manuscrit sur la Collégiale Notre-Dame et Saint-Loup - Archives municipales.

- Orgues de l’Ile-de-France - Inventaire réalisé sous la direction de Pierre Dumoulin - Ariam - Aux Amateurs de livres 1991.

- Paul Quesvers - Notice sur l’église Notre-Dame et Saint-Loup - 1887.

ILLUSTRATIONS

. Intérieur de la collégiale après les bombardements - X 1940 transmis par T. Ceconi

. Orgue actuel : J. Mongnet

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